À l’école des Fauves, le Syli génère des émotions et des maux !   

BRUXELLES – L’entraîneur de boxe, Cus D’Amato  avait l’habitude de dire que les émotions, en particulier la peur, sont comme le feu. Il peut cuire vos aliments, vous garder au chaud et vous éclairer dans l’obscurité. Mais, si vous le laissez hors de contrôle, il peut brûler votre maison.

Pour son baptême de feu à Conakry, le coach belge, Paul Put n’a pas tremblé. Il a su maîtriser ses émotions pour supporter la pression du public guinéen. Aussi, il a dû craindre que son premier match officiel à la tête du Syli national ne se déroule de la sorte : un fond de jeu rassurant mais sans véritable stratégie d’attaque, un navrant jeu individuel de ses attaquants. Au constat, le Syli dans un de ses meilleurs jours aurait pu scorer plus, s’il pratiquait un jeu collectif.

72 minutes de galère  

Certains observateurs croyaient que la Centre-Afrique sera du beurre à couper. Et non. Le Syli a galéré 70 minutes avant d’afficher le sourire. Seydouba Soumah, entré en jeu à cet instant indiqué, s’est offert une équipe des Fauves complètement lessivés par le cauchemar Lass Bangoura lors de la première période. En 2 minutes l’attaquant de Pratizan Belgrade a inscrit l’unique but de la rencontre.

Naby Keita, François Kamano poussés par Issiaga Sylla tonitruant dans son couloir auraient pu ouvrir le score. En vain. C’est dire que les temps forts de l’équipe de Guinée  ont été vendangés.

Toutefois, l’ouverture tardive et difficile du score a étalé les lacunes tactiques du Syli, casse-tête des précédents sélectionneurs sur le banc de cette équipe. Un gros chantier dans la perspective de dompter les adversaires plus coriaces que, les Fauves dans le gotha du foot africain.

Pourtant, exceptionnellement on a ressenti une envie de la gagne chez les Guinéens. Ils ont entamé la rencontre sur un chapeau de roue.

Le test en plein match

À défaut d’un sparring partner de taille, Paul Put s’est contenté des matchs d’entrainement, sans pression, qui, semble-t-il, n’ont pas permis au technicien belge de mieux peaufiner les armes de ses pachydermes. Ça a été pesant dans le contenu de la performance du Syli.

Que des lacunes : les hésitations de la défense, José Kanté esseulé par le jeu individualiste des autres attaquants, une animation offensive miteuse.

Même si,  la réussite des choix des hommes peut être salutaire, désormais, il est impératif de se jauger pour déceler ses forces et faiblesses du groupe de performance.  

Pari gagné pour les nouveaux   

L’équipe du Syli sous le magistère de Paul Put, en tout cas, pour son baptême de feu n’était pas la plus compacte sur le plan collectif. Des individualités se sont dégagées dans la mêlée.

Des cadres à l’image de Naby Keita, François Kamano, José Kanté, Seydouba Soumah et autres se sont illustrés dans les actions solitaires.

Aussi, les nouvelles têtes ont fait forte impression pour leur baptême de feu. Ibrahima Cissé et Mady Junior ont été d’un apport considérable pour l’expression du joueur de Liverpool qui s’est réveillé au retour des vestiaires. Ce duo semble refroidir la piste Amadou Diawara qui continue à faire marcher les dirigeants guinéens.  

En défense Ernest Seka a fait oublier Florentin Pogba. Ousmane Sidibé, certes, pas de nouveau, sa performance à l’issue de ce match semble être au dessus du lot dans l’ensemble de ses sorties avec le Syli.  

Le public a retenu son souffle

La déculottée (4-1) infligée à la Guinée, déjà éliminé de la course pour le Mondial 2018, par la Tunisie sur la pelouse du stade du 28 septembre était un affront que les poulains de Paul Put devaient laver.

À cet effet, le technicien belge a mis tous les atouts de son côté : les joueurs en forme du moment, un public, sportif,  très peu agressif, puisqu’il est resté dans le suspens jusqu’au but victorieux inscrit par Konkolet. Ses prédécesseurs n’ont pas eu cette chance ou du moins cette clémence.

Certes que, les Fauves ont vécu un quart d’heure difficile mais, ils n’ont pas manqué de répondant. C’était une réaction spontanée.  Le  tir lointain du jeune milieu centrafricain passé au dessus de la cage d’Ibrahima Koné, le portier guinéen était une alerte.  

Et progressivement, la peur s’est installée dans les gradins. Un silence de cimetière. Les supporters commençaient à s’inquiéter. En confiance, les poulains de Raul Savoy devenaient de plus en plus menaçants avec des tentatives bien planifiées.  

Le temps passe, la RCA résiste, le Syli domine mais sans être dangereux. Au fil du temps, le stade s’enlisait dans le silence et la crainte prenait de l’ampleur. Ces instants ont convoqué des souvenirs du passage de la RDC à Conakry (1-2). C’était le même rythme de domination avant que le Syli ne tombe dans le piège de son air de suffisance. Le pire a été écarté avec ce succès.

Moysekou, BRUXELLES

 

 

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