Accueil A la Une Guinée (Foot) : fin de saison, précarité et dépression en gestation

Guinée (Foot) : fin de saison, précarité et dépression en gestation

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Le ballon de la Ligue guinéenne de football professionnel

Par Yvon LEROUX, Dakar

A cause du coronavirus, la Ligue guinéenne de football professionnel semble se décider pour l’arrêt de ses championnats alors qu’elle n’a envisagé aucun plan B à l’image du Cameroun pour venir en aide aux acteurs (joueurs, encadreurs techniques et autres). Histoire d’éviter la précarité et la dépression dans le milieu.  

La confédération africaine de football (CAF) aura connaissance, ce mardi, de la décision de la fédération guinéenne de football quant à la reprise ou la suspension de ses championnats.

Dans sa réponse, la Guinée doit rapporter « la situation actuelle de vos Ligues, coupes nationales (classement, nombre de matches, etc..) », a précisé la note de la CAF envoyée aux associations membres.

Pour sonder l’opinion,  Mathurin Bangoura, président de la Ligue guinéenne de football, a laissé entendre l’option de l’arrêt définitif des championnats.

C’est à croire qu’on a copié sur la France

Comparaison n’est pas raison. En France, l’interruption des championnats en Ligue 1 et Ligue 2 est arrivée quasiment à la 28e journée. Le peloton de tête s’était dégagé et rien ne présageait que les équipes en bas de tableau peuvent bouleverser le classement général à 8 journées de la fin.

C’est tout le contraire en Guinée où on était juste qu’à la reprise de la seconde moitié du championnat (14e journée). Beaucoup de choses pouvaient se passer lors de la dizaine de journées restante.

La réaction la Ligue est hâtive

Peu importe la réponse à fournir, la CAF exige à ce que les associations démontrent « les stratégies que vous envisagez afin de finaliser ces compétitions, qu’elles soient terminées ou annulées ».

Dans ce sens, la décision de la Ligue, si elle est actée, ne semble pas mesurer la répercussion dans l’immédiat sur les acteurs de l’environnement sportif. La preuve, aussitôt que cette intention ait été prononcée, le Hafia AC a renvoyé ses joueurs au chômage. D’autres clubs pourront imiter les Vert et blanc dans les prochains jours. Ce n’est pas à exclure.

Pire, il n’y a pas de syndicat des joueurs dans notre pays pour défendre les préjudices subis et non réparés, parce que les contrats n’ont aucune garantie. Imaginez la vie de ces acteurs, qui sont des vrais soutiens de famille, de la période hors championnat sans salaire. Pour l’heure, en attendant de trouver des solutions idoines, ces acteurs sont exposés à vivre dans la précarité qui ne dit pas son nom.

Il est temps de réagir. Pourquoi ne pas copier sur le Cameroun.  Consciente des difficultés dans cette période cruciale, la fédération camerounaise de football a décidé de soutenir les clubs d’Elite One, d’Elite Two et de Première division de Ligue de Football Féminin du Cameroun.

La dépression chez les joueurs

Hors de nos frontières, une enquête réalisée par la FIFPRO et Amesterdam University Medical Centres révèle que le pourcentage de footballeurs professionnels signalant des symptômes de dépression a doublé.

La suspension des activités de football liée à la pandémie de COVID-19 en est la principale cause. Certains acteurs sportifs sont plongés désormais dans une situation financière précaire.