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Au-delà du limogeage de Lappé, les péchés des dirigeants

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Le Limogeage de Lappé Bangoura au soir de l’élimination du Syli local du CHAN 2018 n’est pas une exclusivité. C’est un secret de polichinelle. L’information à vraie dire,   c’est plutôt  la mis à nue de l’amateurisme de la gestion au sommet de cette équipe : le timing de la préparation, la pression inutile, le manque de projet de développement de notre football…

Lappe Bangoura est l’agneau de sacrifice. Le scénario de son limogeage était tout ourdi. Il n’était plus le sélectionneur dès le jour où Fode Isto Kera, délégué par le ministère de la tutelle, lui avait ouvertement menacé de le faire dégager, si jamais le résultat ne plaidait pas en sa faveur. 

Ainsi, l’obligation du résultat serait le fondement de la décision, qui éjecte le désormais sélectionneur national de son fauteuil. Une justice à deux poids deux mesures. Les dirigeants sont épargnés, comme s’ils ne sont pas aussi jugés sur le résultat. Mais le mandat qui servira de faire un bilan est tout une excuse,  pour, encore, continuer, à rester « décideur ».

Au-delà de cette décision, ce limogeage ne peut pas masquer les failles des dirigeants sportifs. Cette élimination a mis à nue leur amateurisme dans la  gestion de notre football. Une gestion événementielle. Ils ont aussi péchés dans : le timing de la préparation, la pression inutile, le manque de projet de développement de notre football…

Le timing de la préparation

Le planning et le timing de la préparation d’une équipe est spécifique à l’état de forme de ses joueurs. Aujourd’hui, le  stage à El Jadida  et  les matchs rapprochés en  championnat national sont des arguments pour faire gober que, le Syli local était  en mesure de régner au CHAN 2018. Cela serait possible, si seulement, l’ossature venant du Horoya AC (7 joueurs) avait un temps de jeu suffisant. La performance calamiteuse d’Aboubacar Gal Camara face au Maroc en est la parfaite illustration. Pourtant, Lappé Bangoura a voulu avoir ses joueurs lorsque le championnat de Ligue 1 Pro était à l’étape de la 5e journée. Il n’a eu gain de cause qu’après la 11e journée.  Ceci, après la trêve voulue pour la structure de gestion du foot local. Et après 21 jours de préparation, c’est une équipe sans âme qui s’est présentée à la compétition.

La pression inutile

Parce que la Guinée avait terminée 4e lors de la précédente édition que les dirigeants se bombaient les torses qu’elle doit décrocher le trophée. Cette analyse sans fondement sportif a suscité de l’euphorie chez les autorités. Et c’est à quelques jours de cette joute qu’Isto Kera, secrétaire général du ministère des Sports a ouvertement menacé le staff technique du Syli local, conduit par Lape Bangoura. « Si le Syli ne fait pas un bon résultat lors de ce CHAN, on sera obligé de limoger le staff technique », a-t-il fait remarquer. Une communication déstabilisante qui a sans doute maintenue la pression sur Lappe et ses poulains. 

Le projet de développement de notre football

Certes que les infrastructures sont les pliers du développement du football moderne. Au-delà, il y a des réalités à prendre en compte. C’est bien beau de rendre notre championnat attractif avec le flux migratoire des étrangers. Mais il ne faut pas non plus ignorer de protéger nos joueurs dans cette concurrence. Il s’agit de donner un temps de jeu suffisant à nos internationaux au sein du Horoya AC, puisque c’est le club pourvoyeur du Syli local. Les étrangers qu’on impose devant les Guinéens dans ce club n’ont qu’une petite marge au dessus d’un cran. Une politique s’impose à cet effet. Sinon on restera dans un éternel recommencement à l’image de l’Angleterre qui regorge une pléthore de joueurs étrangers dans son championnat d’élite, mais son équipe nationale est très en deçà des attentes en dehors  de son territoire.

Moysekou, Bruxelles

  

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