(ConakrySports) Une grande équipe de foot c’est aussi un grand gardien de but même si vous avez un Serial Killer à la pointe. Le rêve de portier de ce profil standard est à espérer avec l’Académie mixte des gardiens de but mise en place par Kemoko Camara à Conakry. Il travaille incessament pour cela. Dans cet entretien accordé à ConakrySports, le préparateur des gardiens de but du Syli dit tout sur le projet, ses objectifs, sur Morlaye Sylla, François Kamano, Aguibou Camara, le problème du gardien de but guinéen et autres.
ENTRETIEN
ConakrySports : Parlez nous de votre Académie. Qu’est ce qui vous a motivé à monter ce projet?
» Ce projet je devais le mettre en place depuis longtemps. Je devais le faire avec un Monsieur qui était comme un père pour moi. Il était mon conseiller en Guinée depuis mon retour de l’Europe. C’est le regretté Sylla Bernard Abdoulaye, ancien gardien de but ( ndlr : la génération du Hafia 77). C’est avec lui que je devais faire cette Académie. Sans lui, je me suis debrouillé tout seul à mettre sur pied ce projet. Je n’avais rien au tout debut. J’avais seulement deux gardiens de but. Je squatais tous les terrains pour recruter les talents avec les profils prédéfinis.. »
ConakrySports : C’est coûteux de faire tourner un projet de ce genre. Comment vous faites pour faire fonctionner la structure ?

« Au début je faisais avec les moyens du bord notamment mes avoirs. Ce n’est qu’après que les bonnes volontés ont commencé à m’assister. Sur place, certains nous offraient les packs d’eau et d’autres nous apportaient des ballons. Je demandais aussi de l’aide à certains joueurs expatriés pour des ballons, gants et autres accessoires. Morlaye Sylla, François Kamano et Aguobou Camara m’ont beaucoup aidé dans ce sens. Ces soutiens m’ont permis de faire tourner l’Académie jusqu’ici. »
Quel besoin spécifique y a-t-il pour la mise en place d’une Académie des gardiens ?
« Il faut reconnaître qu’en Guinée qu’on se débrouille. On s’en sort comme ça, comme on peut. Sinon, il y a une impérieuse nécessité d’avoir une Académie des gardiens de but. On ne peut pas être un gardien de but comme ça si tu ne vas pas à l’école. C’est pourquoi je priorise l’école pour ce que j’ai mis en place. Il faut reconnaître que le sport et les études sont liés aujourd’hui. Il nous faut donc une école de foot spécifiquement réservée aux gardiens de but à Conakry. C’est mon combat. »

Quel est aujourd’hui le niveau du gardien de but guinéen comparé aux autres Africains ?
» Il faut s’en féliciter, on a de bons très gardiens de but dans nos championnats. La seule chose qui leur manque c’est le mental. Le constat est réel. Un gardien de but peut faire une erreur et dès que ça crie il sort de son match. Ils ne sont pas forts mentalement. Il faut donc beaucoup travailler sur le mental. Je m’exerce beaucoup dans ce sens et en sélection et dans les clubs où je suis passé. Je travaille énormement a les mettre en confiance. Pour un gardien de but tout peut arriver dans un match, si tu n’es pas fort mentalement c’est la déconcentration. En Guinée, il n’y a que ça qui nous manque et c’est la différence entre nous et les autres Africains. »

Pour finir quels sont vos critères de recrutement ?
« Je recrute les gardiens de but à l’âge de 12 à 13 ans. Le critère chez moi c’est la taille. C’est une priorité. Aujuourd’hui, pour les gardiens de but la taille maximale c’est un mètre quatre vingt dix (1m90). »






