(ConakrySports) En temps de vache maigre, le Horoya AC soulèvera, mercredi prochain, son deuxième titre consécutif du championnat d’élite de Guinée à l’issue de son opposition avec le CI Kamsar dans la ville industrielle.
Ce deuxième sacre consécutif des Matamkas envoie un message clair à tous : il ne suffit pas d’avoir un moyen financier colossal pour bâtir une équipe professionnelle de football et compétitive. C’est l’absurdité qui a induit en erreur la quasi-totalité des présidents de clubs en Guinée.
Après des échecs lamentables sur le plan sportif et sur l’ordre organisationnel qui ont ruiné certains, d’autres commencent par comprendre que le socle d’une équipe professionnelle de football c’est bien avant tout un projet sportif avec des objectifs spécifiques à atteindre.
Un bien pour un mal
Il a fallu que le Horoya AC se retrouve dans la précarité pour que ses dirigeants comprennent qu’un projet sportif basé sur la formation est le socle d’un club qui peut prétendre rester dans la constance de ses ambitions. Acculé par les problèmes juridiques causés par des recrutements inappropriés cautionnés par une administration trop légère ainsi que des départs inattendus pour salaires impayés, le club de Matam, autrefois extravagant dans les dépenses, a été contraint de se redéfinir. Le club guinéen qui a donné plus de satisfaction dans les interclubs africains a remis sa tête à l’endroit.
Le projet Horoya-AFAS : sauve la face

N’ayant plus les reins solides financièrement le Horoya AC s’en est remis à son centre de formation, l’Académie de football Antonio Souaré (AFAS) pour redresser la barre. Longtemps reproché de favoriser le recrutement à l’international, les Rouge et blanc se sont focalisés sur les talents de l’Académie. Le résultat est immédiat. Progressivement, dans le processus de l’orientation sportive du club, 11 académiciens ont rejoint le groupe de performance en 2025 puis 9 en 2026.
En deux saisons l’ossature de l’effectif est désormais composée de 20 pensionnaires issus de l’AFAS. Ce groupe est renforcé par 5 étrangers dont les Maliens Salifou Koulibaly, Issaka Samake et Boubacar Samassekou, le Burkinabé, Ocansey Mandela et le Nigérien, Mohamed Djibo Wonkoye et quelques internationaux guinéens dont Gnagna Barry. Ce projet, en dépit des lacunes à combler, a donné satisfaction au club en Ligue 1 pro de Guinée avec ses deux sacres consécutifs.
Redéfinir une nouvelle politique
Depuis le lancement en 2012 du projet pour la conquête du continent, la méthode pour y arriver a toujours été un échec pour le Horoya AC à moins qu’on ne veuille se contenter des exploits sporadiques. Les réels soucis étaient : un président omniprésent, une administration souple, une mauvaise politique de recrutement et la valse perpétuelle des techniciens sur le banc. Il faudra trouver les réponses à ses questions dans la nouvelle redéfinition de politique sportive.







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